Tendances Social Media 2016

 

« Les médias sociaux continueront à occuper une place centrale » en 2016 dans la stratégie des marques pour l’année à venir, assure l’agence Kantar Media, qui a publié un livre blanc avec 10 des tendances « social media » pour 2016 : créativité des annonceurs, omniprésence de Facebook, nouvelles formes de push, micro-vidéos, ou le phygital seront autant de sujets qu’il faudra surveiller de près pour être au bon endroit, au bon moment, au bon format.

1. La créativité des marketplaces

La Chine voit grandir l’influence de vendeurs d’un nouveau genre : sur les médias sociaux (WeChat, Taobao), ces vendeurs d’e-commerce élaborent désormais leur propre stratégie éditoriale pour promouvoir les produits qu’ils commercialisent.

Ils créent ainsi un nouveau média qui s’inscrit « hors du périmètre de contrôle de la marque » – qui doit donc être prudente – mais peut s’avérer être une grande réussite ! Pour vendre un rouge à lèvres Yves Saint Laurent, des revendeurs d’Alibaba ont ajouté les images d’une sitcom à succès à la publicité originale, l’ont diffusé sur les réseaux sociaux et ont fait exploser les ventes. Une tendance qui pourrait se développer en France, où les marketplaces ont généré un chiffre d’affaire de plus de deux milliards d’euros en 2014.

2. L’omniprésence de Facebook

« Facebook n’est pas mort » assure Marie Dollé, responsable de la stratégie de contenu et du digital chez Kantar Media. Ce serait même tout le contraire, puisque 2016 devrait plus que jamais marquer l’année de son omniprésence. L’objectif du réseau social est de se transformer : à la fois « source d’information de référence » et « assistant virtuel », devenant ainsi essentiel pour l’utilisateur. Pour ce faire, Mark Zuckerberg entamera en 2016 une refonte de son centre de notifications – qu’il veut plus personnalisé – après une année 2015 axée sur la protection de ses utilisateurs (comme avec le Safety Check).

3. Les stratégies de communication autour de la data

Employer sa data pour enrichir et inspirer la communication de sa marque ? Un certain nombre d’entreprises se sont déjà laissées tenter par ce nouvel emploi des données chiffrées.

Des communicants d’un nouveau genre ont alors vu le jour : les data storytellers. Leur fonction consiste à analyser les données internes de l’entreprise et en tirer le meilleur pour créer un contenu valorisant pour sa stratégie de communication. Si certaines marques s’en tiennent à une campagne, d’autres en ont fait une véritable stratégie publicitaire à l’image d’Amazon qui publie annuellement depuis deux ans son classement des 20 villes où l’on lit le plus de livres provenant de la plateforme.  L’association data – storytelling devrait connaître un développement considérable dans les années à venir selon Marie Dollé.

story-telling3-e1423039135952
Image: DA Blog « Data Storytelling, or the art of making numbers talk »

4. La transformation des notifications push

Les push notifications, ces courts messages d’alerte reçus sur mobile via une application, d’abord employées par Facebook, le sont aujourd’hui par tous les réseaux sociaux. Mais ces messages, déjà très efficaces (« une application disposant de notifications actives verraient son taux d’ouverture amplifié de 80% » selon Loyaltics) devraient se complexifier pour toujours plus de ciblage et de personnalisation. Elles pourraient aussi, en parallèle du développement des objets connectés se recomposer pour proposer de nouveaux formats, plus sensoriels (à l’image des vibrations sur l’Apple Watch par exemple).

5. La fin de la publicité intrusive

La pub en ligne indispose bon nombre d’internautes et la toile voit fleurir les installations d’adblockers (une augmentation de 41% ces 12 derniers mois selon une étude Adobe etPage). Le challenge pour les publicitaires est donc de reconquérir ces internautes en les replaçant « au centre du dispositif publicitaire » ce que Kantar Media qualifie d’« UX Advertising ». Pour aider les marques directement touchées par cette hostilité à leur égard, les réseaux sociaux ont crée des services spécialisés destinés à les conseiller sur des méthodes publicitaires non intrusives adaptées « aux usages, codes et spécificités de chaque réseau social » (Zoo sur YouTube, Brand Strategy sur Twitter ou encoreCreative Shop sur Instagram).

6. Vidéo : du mini au micro

La séquence animée est partout : sur Periscope, Merkat, Fyuse.. Mais aussi surFacebook qui propose désormais de remplacer sa classique photo de profil par une vidéo de sept secondes. Pour Marie Dollé la courte vidéo « très apprécié à l’ère du Quick Action Web » devrait encore se raccourcir en 2016. Instagram avec son application Boomerang qui propose des micro-séquences de trois secondes ringardiseVine et les vidéos de six secondes que l’application proposait lors de son lancement en 2012.

Selon Kantar Media, « la vidéo est incontestablement la nouvelle image de 2016 ».

7. Le « phygitale » dans le langage commun

Pour Kantar Media nous assistons à une « révolution du phygital » (contraction physique et digital). On connaissait le QR Code, plutôt délaissé en France (et toujours très en vogue en Chine), mais des dispositifs nouveaux ont vu le jour pour lier le monde physique et le monde digital. Ces rencontres – indispensable pour créer le contact avec l’utilisateur – se concrétisent sous diverses formes, à l’image d’iBeacon (Apple) qui permet de  numériser son contenu informatif dans l’espace physique. Réel et digital devraient converger de plus en plus fréquemment dans le futur et sous des formes de plus en plus diverses. Nous n’en serions qu’aux prémices du « digital immersif »

ibeacon_museum1

8. La consécration de l’éphémère

La « culture de l’éphémère » a la cote. Et elle ne se résume pas aux contenus auto-détruits de Snapchat. Facebook s’y est mis également, en créant une option similaire qui propose aux messages envoyés sur Messenger de s’effacer une heure après leur envoi. Cette tendance pourrait trouver une applicabilité sur chaque réseau social à l’avenir et devenir bien plus globale qu’elle ne l’est actuellement. De nombreuses marques en tirent déjà parti, profitant de l’image d’exclusivité et de rareté qu’offrent ces limites temporelles et essayant de nouveaux modes d’expression. Mais Kantar Media rappelle aussi l’importance de la pérennité pour ces marques, qu’elle qualifie de « vitale », pour leur référencement notamment.

9. La démocratisation des boutons d’action rapide

L’immédiateté d’Internet a donné naissance à des outils facilitant chacune de nos actions en ligne. Mais il en est un que l’on n’utilise encore peu en France : il s’agit du bouton d’action rapide.

Très répandu en Asie avec le « Clic to buy », il l’est aussi aux Etats-Unis où il permet une action directement à partir de l’objet du mail –inutile d’entrer dans le corps du mail ! Ce bouton est aussi apparu sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook (avec les boutons d’appel à l’action et les boutons à réaction) et Twitter (avec des boutons de sondages). Nul doute que les marques sauront se saisir de cette tendance qui permet de satisfaire des désirs immédiats et de créer le réflexe.

10. La mise en place de rendez-vous sociaux

Si le web est le média de la délinéarisation par excellence, on assiste de plus en plus au retour des rendez-vous. Les contenus y sont toujours plus nombreux et il peut être difficile d’y trouver sa place. Sur les réseaux sociaux (certains twittos influents ont compris comment gagner un instant de visibilité), dans les rédactions (Les Echosproposent par exemple deux newsletters quotidiennes à 8h et 18h) ou pour les marques (Orange avec la campagne #AidezVictor, sur Twitter encore).

Pour Kantar Media, mettre en place ces rendez-vous permet également de créer des automatismes chez l’audience. Véritable stratégie pour se démarquer et fidéliser, il ne fait aucun doute que cette pratique social media poursuivra son développement en 2016.

Source: MetaMedia